Or de bourse

Spécialiste vente achat or

mercredi, mars 25 2020

Le napoléon, victime collatérale de la pandémie de Covid-19 (Source Le Figaro)

   Pour la première fois depuis 1948, CPoR Devises a été contraint de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, la cotation de la pièce d’or de 20 francs.

   Alors qu’en cette période hautement anxiogène, les Français se ruent sur les placements sûrs, il est devenu impossible d’acheter certaines pièces d’or. En fin de semaine dernière, CPoR Devises a été contraint de suspendre jusqu’à nouvel ordre la cotation du napoléon, la pièce d’or de 20 francs. Une première depuis 1948, date de l’ouverture du marché de l’or! Le dernier cours a été fixé à 274,20 euros pour la pièce qui contient 5,8 grammes d’or fin. En cause? Un important problème d’offre.

   «Nous rencontrons des difficultés d’approvisionnement en napoléons qui nous empêchent de servir la forte demande des particuliers, explique François de Lassus, consultant chez CPoR Devises, l’établissement privé de crédit qui assure la liquidité de l’or physique en France. On peut espérer s’approvisionner auprès de quelques banques centrales et de grossistes, mais le principal problème, aujourd’hui, est que les particuliers, qui représentent l’essentiel de ce marché, conservent leurs napoléons.»

   Un comportement habituel en période troublée, l’or étant considéré comme une valeur refuge. Mais la pénurie de pièces est exacerbée par la fermeture des boutiques spécialisées dans la vente d’or même si elles disposent de peu de stocks. «Si la cotation du napoléon avait été maintenue, la prime de la pièce, aujourd’hui de 5 %, aurait explosé», ajoute l’expert. La prime correspond à la différence entre le prix de la pièce et celui de l’or fin qu’elle contient et elle évolue en fonction de l’offre et de la demande. Il faudra sûrement attendre la fin de la crise avant de pouvoir garnir son bas de laine avec des napoléons.

Par Danièle Guinot

Source : Le Figaro

mercredi, septembre 28 2016

Une bombe dans le projet de loi "Sapin 2".

C'est une "bombe" qui est passée inaperçue dans le projet de loi "Sapin 2", actuellement en négociation au Parlement.

   Le gouvernement pourrait, autoritairement, suspendre le remboursement de votre assurance-vie, en cas de forte remontée des taux d'intérêts. 
On rappelle que 14 millions de Français ont une assurance-vie.

   L’assurance-vie est le placement, préféré des Français parce que considéré comme sûr et sans risque mais ce n’est plus tout à fait vrai avec ce projet de loi.

Que se passe-t-il ?

   Aujourd'hui, avec la baisse des taux, l'assurance vie rapporte très peu soit environ 2% et elle se saigne pour verser ces 2%. Vue l'inertie de ce placement, ce sera le cas pendant longtemps puisque l'assurance vie est durablement plombée. 

   Or, imaginons que demain les taux remontent brutalement à 4 ou 5 %, vous allez immédiatement vouloir profiter de ces taux très attractifs à 5% par an et donc revendre votre assurance-vie qui, elle, ne rapporte que 2% par an.

   Sauf que tout le monde va vouloir faire la même chose et que les sommes sont considérables. 
L'assurance vie, c'est 1.300 milliards d'euros soit le PIB de l'Espagne. De quoi provoquer une panique financière et des faillites de compagnie d'assurance, si elles doivent toutes rembourser en même temps 1.300 milliards d'euros. 
   Cette menace, en tous les cas, est prise suffisement au sérieux pour que le gouvernement inscrive dans cette loi "Sapin 2", un article qui l'autorise à suspendre le remboursement de l'assurance vie en cas de forte remontée des taux.

Mais l’arme est à double tranchant : 
- D'un côté, on peut se dire que c'est bien car le gouvernement pense à tout. Il est là pour éviter la faillite de nos compagnies d'assurance. 
- D'un autre côté, avec cet amendement, le gouvernement reconnait que l'assurance-vie n'est pas un placement aussi sûr que l'on croit et qu'il est possible, que votre argent soit bloquée. Ce qui pourrait susciter une vague de défiance à l'égard de ce produit.

   Mais l'État a le droit, comme ça, de confisquer notre patrimoine ?

Justement, cet article pourrait être censuré par le Conseil Constitutionnel, car portant atteinte au droit de propriété.

"Les Experts Europe 1". du 16/09/2016

lundi, avril 25 2016

Shanghaï, une place en or (Le Monde du 23.04.2016 par Nicole Vulser)

Nous avons relevé cet article dans le journal Le Monde daté du 23 avril 2016

Persuadés de faire une affaire en or, les Chinois ont lancé cette semaine à Shanghaï leur propre cours de référence du métal jaune libellé en yuans...
lire la suite.

vendredi, mars 4 2016

L’or se rappelle au bon souvenir des investisseurs.

Seul rescapé d’un début d’année très chahuté sur les marchés, l’or gagne plus de 16 % depuis le 1er janvier, à 1 241 dollars l’once. « Le métal jaune a recouvré son statut de valeur refuge », décrypte Arnaud du Plessis, gérant spécialisé sur l’or et les ressources naturelles chez CPR AM.

  Le récent rebond n’efface pas la dégringolade de ces dernières années  : après un pic à 1 921 dollars en septembre 2011, en pleine crise de confiance sur la zone euro, l’or n’a cessé de reculer pour atteindre 1 046 dollars le 3 décembre 2015. Son plus bas niveau en six ans.
  « Les cours de l’or ne sont pas seulement liés à l’offre et à la demande, comme les autres matières premières. Ils dépendent aussi des taux d’intérêt américains, du dollar, de l’inflation et du contexte géopolitique », résume Emmanuel Painchault, responsable de la gestion actions matières premières et infrastructure chez Edmond de Rothschild AM.
  Plusieurs facteurs plaident aujour­d’hui pour une stabilisation des cours de l’or au niveau actuel. Tout d’abord, l’environnement de taux d’intérêt se révèle plus favorable que prévu. L’or a tendance à baisser lorsque les taux d’intérêt américains remontent. L’explication est simple  : comme il ne procure pas de rendement, il apparaît moins attractif lorsque les taux remontent, car les obligations rapportent plus.
  Or, vu la conjoncture économique et après les récentes turbulences boursières, la banque centrale américaine semble vouloir temporiser. « En début d’année, le marché anticipait plusieurs hausses des taux directeurs américains en 2016. Aujourd’hui, le consensus ne prévoit pas de remontée avant mi-2017, ce qui crée un contexte favorable à l’or », explique Arnaud du Plessis.
  Sur le front de l’offre et de la demande, les clignotants sont au vert. « La production minière devrait plutôt se tasser, tandis que la demande d’or reste soutenue par les bijouteries et les banques centrales russe et chinoise qui achètent », confirme Emmanuel Painchault.
  Les ETF, ces fonds indiciels cotés dont les encours sont investis en or physique, recommencent à attirer les investisseurs  : depuis le début de l’année, leur encours a progressé de 4,9 millions d’onces, après une décollecte de 5,3 millions d’onces en 2015.
  l n’existe plus de cotation officielle à la Bourse de Paris depuis 2004, mais la société CPoR Devises publie chaque jour un cours de référence pour 24 produits. Pour acheter un 20 francs Napoléon, la pièce d’or la plus échangée en France, comptez 213,90 euros. Son prix, en augmentation de 16 % depuis le début de l’année, progresse plus rapidement que le lingot de 1 kg (qui vaut actuellement 34 630 euros, en hausse de 10,3 %).
  Pourquoi cette différence ? Ces pièces n’étant plus frappées, leur valeur peut dépasser celle de la quantité d’or fin qu’elles contiennent. « Cette prime augmente lorsque la demande est importante, explique François de Lassus, le directeur de la communication externe de CPoR Devises. Ce qui est le cas actuellement. »
   Agnès Lambert
   Journaliste au Monde

mardi, septembre 23 2014

Pour la France, Versez votre Or.

16/09/14 à 12:00 - Investir.fr

« De l’or contre les boches… Dans vos bas de laine et vos tiroirs, vos louis dorment. Ils dorment alors qu’ils pourraient agir. Envoyez ces embusqués sur le front ! »__

  Voilà ce qu’en 1916 les Lorrains pouvaient lire dans un opuscule. L’Or, levain de la victoire était financé par la Banque de France et diffusé dans les villes et les villages par le Comité lorrain de l’or et des bons de la Défense nationale. C’était là une déclinaison régionale d’une formidable campagne d’opinion lancée dans tout le pays par le ministre des Finances, Alexandre Ribot, le 2 juillet 1915. Il s’agissait de convaincre les Français d’échanger spontanément leurs pièces d’or contre des billets et… un certificat qui, à en croire le journal L’Illustration du 31 juillet, était « une artistique vignette qui est comme un brevet de civisme ».

La situation financière du pays était, il est vrai, devenue inquiétante. Au déclenchement de la guerre, l’encaisse or de la Banque de France s’élevait à 4,1 milliards de francs et, à la mi-août 1914, avant la bataille de la Marne, 38.800 lingots et 3 milliards de francs de pièces françaises et étrangères avaient été mis à l’abri dans des caches du Massif central. Si l’on y ajoute les 5 à 6 milliards répandus dans le public, la France détenait 10 milliards de francs d’or, soit 2.900 tonnes, presque le quart de tout l’or monétaire existant dans le monde.

« Les français apportent 2,4 milliards de francs en pièces d’or… » Mais la guerre coûte cher. Un milliard de francs de métal jaune a été envoyé par bateaux à la Banque d’Angleterre. A la grande terreur d’ailleurs du gouverneur de la Banque de France, qui évoquera longuement devant son Conseil le torpillage par un sous-marin allemand du navire Batavier-V, chargé de quatorze caisses d’or hollandais. En moins d’un an, l’encaisse or de la Banque de France a fondu de 1,2 milliard et le franc commence à être attaqué sur les marchés. Alerté par la banque centrale, le gouvernement décide de réagir en mobilisant l’or des particuliers. C’est la « campagne de l’or » lancée par Ribot.

Si le gouvernement décide, c’est la Banque de France qui, inquiète pour la crédibilité de la monnaie, est à la manœuvre pour convaincre les Français d’apporter volontairement leurs louis, leurs napoléons ou leurs pièces de 20 francs « au coq » frappées sous la IIIe République. Elle subventionne les comités locaux, comme celui de Lorraine, et leur fournit l’argumentaire. Elle finance ces fameuses affiches où l’on voit une pièce d’or au coq écraser un soldat « boche » à genoux sous le slogan : « L’or combat pour la victoire ». Elle passe commande à des universitaires d’ouvrages de circonstance, comme L’Or et l’intérêt individuel et L’Or et l’intérêt social, de deux professeurs de droit, ou L’Or et le devoir moral, d’un professeur d’économie politique.

Deux documents, trouvés dans les archives de l’institut d’émission, illustrent le zèle mis à collecter l’or, y compris dans les colonies et les tranchées. Dans une lettre envoyée de Rabat en août 1915, le général Lyautey en personne rassure la banque centrale : « J’ai engagé par la voie de la décision sic les militaires sous mes ordres à verser l’or qu’ils possédaient dans les caisses du payeur des armées… D’autre part, les pouvoirs publics, sur mon ordre, ont fait appel au patriotisme des particuliers. » Les poilus eux-mêmes sont mis à contribution dans les tranchées. Les officiers doivent les inciter à remettre leurs pièces contre des billets. Car, précise l’instruction officielle avec quelque brutalité, « il importe que l’Allemagne ne puisse trouver de monnaies d’or sur nos officiers ou soldats morts ou prisonniers ».

« …Ils ne reverront jamais leurs chers Louis » Au total, l’opération est un grand succès. Les Français vont porter leurs pièces dans les succursales de la Banque de France, les agences bancaires, les perceptions, les bureaux de poste, etc. Près de 2,4 milliards de francs seront échangés, soit presque la moitié de tout l’or détenu par les particuliers. Le 11 novembre 1918, les réserves d’or de la Banque de France dépasseront les 5,4 milliards. Un effort gigantesque dans un pays ancestralement attaché à ses louis et dont la mémoire collective a conservé le douloureux souvenir de la banqueroute des assignats ou autres mandats territoriaux.

Il est vrai, à l’inverse, que les Français n’oublieront pas ce que deviendront les promesses de la croisade de l’or. Le gouvernement et la Banque de France avaient assuré qu’un billet de 20 francs aurait toujours la même valeur qu’une pièce d’or et que, au lendemain de la guerre, « l’or rentrera dans la circulation » (dixit l’opuscule du Comité lorrain). La circulaire du ministre de la Guerre promettait ainsi aux soldats ayant changé de l’or que « la Banque de France leur échangera après la guerre une même somme de billets contre de l’or ».

Ce contre-échange n’aura pas lieu et, en rongeant le pouvoir d’achat du papier-monnaie, l’inflation lésera les « patriotes » qui ont changé leurs louis, tandis que l’incivisme des autres sera récompensé. Un précédent d’immoralité sociale qui laissera des traces.

La course au numéraire Monnaie de siège ou, comme disent les numismates, monnaie obsidionale. Les sièges et les guerres en général provoquent souvent des mouvements de thésaurisation nécessitant la création de moyens de paiement de substitution. La Grande Guerre n’y échappe pas.

Dès la fin de juillet 1914, s’enclenche une vague de thésaurisation des pièces d’or et d’argent qui aurait provoqué une panique monétaire sans la vigoureuse réaction de la Banque de France. Elle met aussitôt en circulation 1,5 milliard de francs en petites coupures imprimées et stockées avant la guerre. Mais cela ne suffit pas et la banque incite le gouvernement à faire appel à des imprimeries privées, à organiser le travail de nuit et à commander des billets à l’Hôtel des monnaies de Birmingham.

Elle veille même à ce que les pièces des quêtes du dimanche soient rapidement remises en circulation car « leur accumulation provoque une gêne sensible dans les transactions ». Elle aide également les chambres de commerce à émettre des bons de monnaie gagés par des dépôts dans ses coffres : une centaine d’entre elles impriment pour plus de 660 millions de francs de vignettes de 50 centimes, de 1 et de 2 francs, de toutes couleurs et de tous dessins, qui n’ont pas cours légal mais qui sont bien utiles.

De quoi, tout de même, mettre un peu d’ordre dans une circulation monétaire menacée d’anarchie : les municipalités, les caisses d’épargne locales, les compagnies minières, les unions de commerçants, les grandes entreprises, c’est à qui créera des « bons de paiement » en fer, en aluminium, en zinc, en carton, en papier.

Même les timbres-poste, insérés dans une gaine de mica, ­deviennent des moyens de paiement, notamment dans les régions ­occupées par l’ennemi. Soit l’argent s’y cache, soit il est ­confisqué par les amendes imposées aux ­populations par les ­Allemands. Le manque de moyens de paiement y est si dramatique que même des villages de moins de 100 habitants fabriquent des billets. A noter que, en 1919, il faudra une loi pour organiser la résorption des monnaies ­obsidionales : elles seront échangées en liquide jusqu’à 5.000 francs de vignettes et en bons de la Défense nationale au-delà.